Portrait de Adeline GASTOUÉ

Adeline GASTOUÉ

Professeure de yoga adapté, je mets trente ans de vie, d'épreuves et de rencontres au service des corps que le yoga ordinaire a oubliés.

Ce qui me définit

Mon énergie

Déterminée, résiliente et engagée

Ma posture

Accueillante, bienveillante et à l'écoute

Ma nature

Authentique, enthousiaste, intuitive et sensible

L'état d'esprit

Vivre en alliant authenticité, pétillance et légèreté avec un sens profond des responsabilités

La relation à l'autre

L'entraide, le respect, l'empathie et la transmission engagée

La vision

Cultiver l'élan de s'ouvrir à de nouveaux chemins, évoluer vers la liberté et la réalisation de chacun

L'ouverture

La largeur d'esprit pour accueillir ce qui vient à moi, avec amour, gratitude et l'envie d'apprendre !

Je m'appelle Adeline, et aujourd'hui je suis en train de construire quelque chose qui me ressemble profondément : une activité de yoga adapté (visant à terme le yoga thérapeutique), pensée pour les personnes que le yoga ordinaire a trop souvent oubliées. Celles qui vivent avec un handicap, une maladie chronique, une pathologie, les effets d'un traitement lourd, ou des difficultés à faire certains mouvements liés à leur parcours de vie. Pas un yoga de performance, pas un yoga où il faut ressembler à ce qu'on voit sur les réseaux — un yoga où ton corps, tel qu'il est aujourd'hui, a toute sa place. Où on explore ensemble ce qui est possible, doucement, avec curiosité, parce que je ne suis pas là pour te montrer comment faire, je suis là pour t'emmener découvrir ce que ton corps peut encore offrir.

Ce chemin-là, il n'est pas arrivé par hasard. Il est fait de tout ce que j'ai traversé, de tout ce que j'ai appris sur moi, sur mon corps, sur ce que j'ai observé autour de moi, et en phase avec mes valeurs et ce qui me fait vibrer. Alors je vais te raconter quelques morceaux de cette histoire — pas les plus faciles, souvent, mais les plus vrais, ceux qui m'ont profondément construite, fait évoluer, et qui t'expliquent vraiment pourquoi je suis là aujourd'hui.

Chapitre I

Le confinement comme révélation

BD chapitre 1

Le 17 mars 2020, quand le confinement a été annoncé, j'ai ressenti quelque chose que je n'attendais pas : un profond soulagement. Une vague dans le corps, un relâchement physique immédiat, comme si quelque chose de très lourd venait de tomber de mes épaules. On a vécu ces semaines dans notre maison qu'on venait de rénover, avec le jardin, les poussins qui venaient d'éclore, l'école à la maison avec mes deux filles. Le yoga s'est réinvité dans ma vie. C'était doux, c'était yin. C'était exactement ce dont j'avais besoin sans le savoir.

Et puis le déconfinement est arrivé, et avec lui une montée d'angoisse dans la poitrine que je n'arrivais pas à expliquer. Puis le retour en agence avec les masques, les règles sanitaires qui changeaient chaque semaine, les interruptions constantes — tout ça a tout déclenché. En août-septembre 2020, les larmes coulaient pour rien. Une collègue m'a alertée une première fois : "Adeline, je ne te reconnais plus, tu ne souris plus." A son tour, ma coordinatrice m'a fait sortir du déni et prendre conscience des signaux de mon corps.

C'était la 2e fois en deux ans. J'ai pris un arrêt d'une semaine. Et pendant cette semaine-là, j'ai pris une décision très claire, très calme : après 15 ans en agence commerciale, je ne passerai pas le reste de ma carrière dans cette entreprise. Dans cette épreuve, le yoga était naturellement là, comme un allié.

Quand le corps ressent un soulagement immense à l'idée de ne plus travailler, ce n'est pas de la paresse — c'est une information. Et si tu l'écoutes vraiment, elle te dit exactement où tu dois aller, et surtout ce que tu ne dois plus faire.

La morale

Quand le corps réclame le silence, ce n'est pas une faiblesse : c'est une boussole qui indique enfin la bonne direction.

Chapitre II

Le coaching de 2022 et l'évidence du yoga thérapeutique

BD chapitre 2

Dans ma quête de sens, en 2022, pour la première fois de ma vie, j'ai investi de l'argent sur moi-même. Pas sur une formation obligatoire, pas sur quelque chose que quelqu'un m'avait demandé de faire — sur moi, sur mon parcours, sur ce que je voulais vraiment. J'ai payé de ma poche un coaching privé, et pendant plusieurs mois, je suis remontée dans les couches de ma vie comme on remonte un fil emmêlé, doucement, sans forcer. Ce travail-là, il m'a fait comprendre des choses que j'avais vécues sans vraiment les voir et m'a rempli de confiance. Je me suis construite seule, oui, mais ce n'était pas un défaut — c'était une force. Mon sentiment d'avoir de la chance dans la vie venait en réalité de mon côté positif, volontaire et souriant, de mon ouverture aux rencontres. Cela m'a ouvert des portes. J'en suis sortie plus forte.

Et puis dans ce cheminement, il y a eu une conversation qui a tout changé : mon amie Aurore, atteinte d'un cancer, m'a dit simplement qu'elle ne pouvait pas faire une vraie séance de yoga parce que son corps ne le permettait pas. J'ai observé autour de moi, j'ai pensé à ma mère avec ses problèmes de santé et toujours aussi isolée dans sa campagne silencieuse — à mon amie d'enfance, paraplégique depuis ses vingt ans. Toutes ces personnes que j'aimais, qui avaient des besoins, et qui étaient comme exclues de quelque chose qui aurait pu les aider.

Fin 2022, le yoga thérapeutique s'est imposé à moi — pas comme une décision intellectuelle — mais comme un sentiment profond, une évidence. Trois aspirations qui m'habitent depuis des années — comprendre le corps, aider les personnes malades, et pratiquer le yoga — venaient enfin de se rencontrer à la croisée d'un seul et même chemin. Parfois il faut replonger dans toutes les couches de sa vie pour voir que le fil conducteur a toujours été là, et que ce qu'on croyait être des détours étaient en réalité le chemin lui-même.

Avant de te raconter la suite, un petit saut dans le temps… Ce coaching d'une immense richesse m'a ouvert les yeux sur mon parcours. Il m'a permis de mettre des mots sur des vécus dont je n'avais pas conscience et d'apporter un regard neuf sur ma vie.

La morale

Remonter les couches de sa propre vie révèle que trois aspirations séparées n'en forment parfois qu'une seule évidence.

Chapitre III

Le trésor caché du mal être de mon enfance et son écrin de verdure

BD chapitre 3

J'ai grandi dans un hameau de huit maisons, en pleine campagne du Sud-Est Seine-et-Marne, entourée de champs, de bois et d'animaux. Mon père partait souvent tôt le matin sur des chantiers en région parisienne, ma mère était enfermée dans une dépression qui lui faisait franchir de moins en moins le seuil de la porte. Moi, j'étais fille unique, enfin presque. Le plus jeune de mes demi-frères avait quatorze ans de plus. Ils vivaient déjà tous les trois leur vie d'adultes. Donc voilà, c'était moi et… les poules, canards, lapins, chiens, chats… et les bois alentour.

Je me souviens des matins où je nourrissais les animaux avant l'école, de l'odeur du blé et des granulés à lapins. Régulièrement je rentrais du bois pour la cheminée en hiver, et je tondais la pelouse en été. Je ramassais les œufs en rentrant de l'école. J'aimais cette vie campagnarde, en même temps, c'était la seule vie que je connaissais.

Mais ce tableau ne serait pas complet sans évoquer les zones d'ombre qui l'accompagnaient…

Le climat de tensions et de tourments de mes parents face aux difficultés financières. C'est un ressenti très présent dans mes souvenirs d'enfance. Un hiver, je me revois faire mes devoirs dans ma chambre à 10°, emmitouflée dans un vieux manteau. J'avais du mal à écrire avec mes doigts gelés. Le soir, je faisais chauffer des briques sur l'insert de la cheminée et je les enveloppais de papier journal pour chauffer mes draps. Ce vécu semble extrême quand j'y repense aujourd'hui, pourtant si réel.

Et puis le décor psychologique dans lequel j'évoluais durant ces années a laissé une empreinte gravée en moi. Ce sentiment de solitude intérieure et de mal être au cours de mon adolescence. Au collège et au lycée, j'étais discrète, mal dans ma peau et souvent seule. Je travaillais, j'étais une élève sérieuse, mais les difficultés scolaires s'accumulaient doucement au fil des années, sans bruit, comme de l'eau qui monte. Un engrenage sourd s'est amorcé pas à pas, incontrôlable pour l'enfant que j'étais : prise de poids, vie sociale limitée, peu d'amis, manque de confiance en moi grandissant, et un repli sur soi progressif. Plus j'avançais dans l'adolescence, plus je me sentais isolée, en dissonance avec les autres jeunes. J'avançais comme dans un brouillard, sans comprendre ce qui se passait, ni ce que je ressentais, et encore moins où j'allais. Les promenades dans les bois représentaient une échappatoire, une ouverture, un semblant de liberté, seule avec mon chien.

Cette vie me semblait pourtant normale, c'était la mienne.

Ce n'est que des années plus tard, avec beaucoup de recul, que j'ai mis des mots sur mon adolescence, sur cette enfance-là. Parce que sur le moment, c'était ma vie normale — la verdure, les animaux, le silence…

Avec le bénéfice du temps, je mesure ce que mes parents m'ont transmis, chacun à leur façon, avec les moyens qu'ils avaient. Grâce à eux, l'honnêteté, l'intégrité et l'authenticité sont les piliers de mon système de valeurs. J'ai particulièrement hérité de mon père le sens du travail et des responsabilités, la solidité tranquille, et la capacité à faire sans se plaindre — cette façon de tenir debout sans en faire tout un discours.

Ce sont ces valeurs-là, transmises dans le quotidien de cette vie simple et verte, qui m'ont construite. Et sans eux — sans cette enfance-là, dans tout ce qu'elle avait de singulier — je ne serais ni la femme, ni la maman, que je suis aujourd'hui.

La morale

Une enfance difficile dans la nature peut devenir le terreau silencieux des valeurs les plus solides qui nous construisent.

Chapitre IV

La mort de mon père et la première graine

BD chapitre 4

A l'aube de mes 18 ans, un nouveau chapitre s'est ouvert : j'ai quitté le nid pour emménager avec mon compagnon. Ce fut le point de départ d'une véritable expérimentation du monde. Entre les premiers emplois et la découverte de nouveaux horizons géographiques, j'ai senti ma détresse s'effacer au profit d'une confiance que je n'osais plus espérer.

En 2005, je suis remontée du Sud pour deux mois, le temps que mon père se fasse opérer d'un cancer. Durant cette période, j'ai eu l'envie de me rapprocher de mes parents, alors j'ai su que je ne repartirais pas. Personne ne me l'a demandé, mais c'était une évidence.

Mon père est décédé en juillet 2006. Je me souviens de ce moment aux pompes funèbres, lorsque nous préparions les obsèques, et cette femme assise en face de moi, la patronne, avec tous ses bijoux en or, qui m'a demandé très sérieusement si je prévoyais de réserver une place pour ma mère au cimetière, à côté de mon père. Je n'ai pas su quoi répondre pendant deux secondes entières. C'est le genre de moment où tu réalises que tu es vraiment seule pour tenir le gouvernail. Tu assumes. Le notaire, la succession. J'avais 24 ans. Je le fais parce qu'il le faut, parce que c'est comme ça que je fonctionne.

Pendant tout ce temps, quelque chose germait en moi très discrètement — une pensée qui revenait, que je n'arrivais pas encore à formuler clairement : je veux aider les gens qui ont le cancer. Je ne savais pas comment, je ne savais pas sous quelle forme. Mais elle était là, en moi. Certaines épreuves ne te donnent pas de réponses immédiates — elles plantent juste quelque chose en toi, profond, et tu continues ta vie sans trop savoir ce que tu portes. Et puis un jour, vingt ans plus tard, tu regardes ton chemin et tu comprends que cette graine est toujours là, sur le point de grandir.

La morale

Certaines épreuves ne donnent pas de réponses immédiates, elles plantent une graine qui germe vingt ans plus tard.

Chapitre V

La promesse à Aurore

BD chapitre 5

Suite à ce coaching qui m'a permis ce déchiffrage intérieur, j'ai scellé cet engagement envers moi-même. En 2024, j'ai suivi une formation intensive de six mois pour devenir professeure de yoga — la méthode Yolistica, dans le Loiret. J'avais été acceptée malgré un niveau de pratique inférieur aux critères habituels, et ça m'a demandé tout ce que j'avais : jongler entre le travail salarié, la vie de famille, les cours, les révisions, et apprendre à apprendre à ma façon — réécouter, décortiquer, faire des fiches visuelles, prendre le temps qu'il faut pour vraiment intégrer.

Aurore, mon amie atteinte d'un cancer, était parfois mon cobaye pendant cette formation. Je pratiquais avec elle, j'apprenais à lire un corps qui ne peut pas faire ce que les autres corps font, j'apprenais à proposer plutôt qu'à imposer. Le jour où je suis partie en immersion pour ma certification, Aurore est entrée à l'hôpital. Elle ne me l'a pas dit pour ne pas me perturber — c'est le genre de personne qu'elle était.

J'ai obtenu ma certification en juillet 2024. Une immense joie, une fierté. Et puis le retour, et puis la nouvelle. Aurore est décédée le 19 juillet — qui est aussi, étrangement, le jour de naissance de mon père. Je n'ai pas pu lui dire au revoir. Je me souviens de la chambre funéraire, l'air immobile, la lumière tamisée, ce silence particulier des endroits où le temps semble suspendu et où l'émotion est immense. Je revois son visage, figé et froid, qui ne lui ressemblait pas. Il y manquait sa gaîté et son sourire si lumineux. Et moi, debout près d'elle, à lui faire une promesse : je ne lâcherai pas ce projet. Jamais. Quoi qu'il arrive.

Les semaines suivantes furent très difficiles, et j'ai compris quelque chose d'essentiel sur mon métier futur : je ne peux pas accompagner les autres si je m'approprie leur douleur. L'empathie, oui — mais sans imprégnation, sans devenir une éponge. C'est une nuance que j'ai apprise dans la douleur, et que je ne suis pas prête à oublier. La promesse que j'ai faite à Aurore dans cette chambre-là, je ne la lui ai pas faite pour elle — je me la suis faite à moi-même, et c'est devenu le socle de tout ce qui a suivi.

CE QUE JE TE PROPOSE

Si tu es arrivé jusqu'ici, tu sais maintenant d'où je viens — et pourquoi ce que je fais n'est pas un métier choisi par défaut ou par hasard. C'est un chemin construit sur trente ans de vie, d'épreuves, de rencontres, de corps qui parlent quand les mots ne suffisent plus.

Je pense à mon amie d'enfance paraplégique depuis ses vingt ans. Je pense à ma mère, malvoyante, isolée, avec son dos qui lui fait mal. Je pense à Aurore. Et je pense à toutes les personnes qui se sont dit un jour que le yoga n'était "pas pour elles". C'est exactement pour elles que je suis cette voie.

Si tu te reconnais dans ces mots, si tu connais quelqu'un qui pourrait avoir besoin de ça, ou si tu veux simplement en savoir plus sur ce que je propose — je serais vraiment heureuse qu'on se parle.

Adeline

La morale

Une promesse faite à une amie disparue devient le socle inébranlable d'un engagement envers soi-même et les autres.

Mon histoire en images

Bande dessinée complète — Adeline GASTOUÉ

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